
Bett 2026 : Immersion dans l’innovation éducative à Londres
Cela fait plusieurs années que je vois défiler les images du Bett (British Educational Training and Technology show) sur mes réseaux sociaux, avec l’envie d’y participer. Aujourd’hui, 21 janvier, je franchis pour la première fois les portes du ExCeL London.
Le Bett est l’un des plus grands rendez-vous mondiaux consacrés aux technologies de l’éducation, regroupant des milliers d’acteurs du milieu scolaire et de la technologie. Pour cette première matinée, j’ai choisi d’assister aux présentations dans la salle principale, The Arena. Voici ce que j’ai retenu de cette session d’ouverture.
Une vision d’avenir avec Duncan Verry
Duncan Verry, directeur du portfolio Bett chez Hyve Group, a ouvert la séance en soulignant l’importance de passer de la spéculation à l’action. Selon Duncan Verry, l’objectif actuel est de mettre l’innovation à l’échelle pour élargir les possibilités d’apprentissage.
- Expansion mondiale : Duncan Verry a annoncé que le Bett s’exportera prochainement aux États-Unis, avec une édition prévue à Nashville en 2027.
- L’ampleur de l’événement : Avec 60 000 visiteurs attendus, les distances parcourues sont impressionnantes. Duncan Verry a mentionné qu’un visiteur fait en moyenne 12 000 pas durant l’événement. Collectivement, cela représente 700 millions de pas, soit 15 fois le tour du monde !Il a même promis de nouveaux souliers (trainers) aux participants qui lui enverraient des captures d’écran de leur décompte de pas si celui-ci est particulièrement impressionnant.
- Le mot d’ordre : Passer du « showcasing what’s new » (montrer ce qui est nouveau) au « showcasing what’s next » (montrer ce qui arrive).
La stratégie numérique britannique : L’intervention de Bridget Phillipson
La présence de Bridget Phillipson, secrétaire d’État à l’Éducation, a permis d’exposer une vision politique structurée. Son discours offrait un équilibre entre l’adoption des technologies et les réflexions éthiques nécessaires.
Pour illustrer ses propos, elle a partagé l’histoire de Dawn, une assistante d’éducation auprès d’enfants sourds. Elle a expliqué comment l’IA change la donne pour Dawn en l’aidant à mieux différencier son approche, tout en soulignant que la technologie ne remplacera jamais le lien humain indispensable.
Bridget Phillipson a détaillé la stratégie du Royaume-Uni en matière d’IA et de numérique autour de cinq piliers :
- Soutenir la réussite des élèves à travers le curriculum.
- Aider le personnel enseignant (réduction de la charge de travail via des outils comme l’assistant de planification « Ayla »).
- Investir dans les bonnes solutions EdTech en se basant sur les meilleures pratiques.
- Bâtir un système piloté par les données, sans données en silo, pour débloquer le potentiel du système scolaire.
- Garantir une infrastructure de connectivité sûre et fiable.
Annonces majeures :
- Santé numérique : Une consultation sur l’usage des téléphones portables à l’école, avec une volonté claire de limiter les fonctionnalités addictives pour protéger la santé mentale des jeunes.
- Un investissement de 23 millions de livres pour étendre le « testbed » (banc d’essai) des EdTech et mesurer leur performance réelle.
- 1,6 million de livres pour des bibliothèques de prêt de technologies d’assistance (accessibilité non-verbale, etc.).
Souveraineté et standards : Le regard de Caroline Wright
Caroline Wright, directrice générale de la BESA (British Education Suppliers Association), a apporté un éclairage plus politique et stratégique. Elle a abordé la question de la souveraineté technologique dans un contexte d’insécurité géopolitique mondiale. Elle a insisté sur l’importance de soutenir les entreprises britanniques tout en exigeant que les entreprises internationales respectent les mêmes standards de sécurité et de conformité.
Réflexions et perspectives
En écoutant ces interventions, je constate que plusieurs enjeux sont identiques aux nôtres : l’importance de placer l’humain au centre de l’apprentissage demeure la priorité. On sent ici une volonté politique forte de ne pas subir la technologie, mais de la sculpter pour qu’elle serve l’humain.
Ce plan stratégique pour soutenir l’IA au Royaume-Uni n’est pas sans me rappeler notre Plan numérique en éducation au Québec. Toutefois, devant la clarté des objectifs présentés ce matin, une question me vient en tête : à quand un véritable plan IA en éducation chez nous ?
Sur ce, je retourne explorer cet événement immense et ajouter quelques milliers de pas à mon décompte.
