
NotebookLM avec des élèves : ce que j’ai vu en vrai
Je forme surtout des adultes, mais il m’arrive parfois d’être invitée dans des classes, et c’est toujours un grand privilège. C’est aussi l’occasion de voir, en direct, ce que les jeunes font vraiment avec les outils qu’on leur montre. Cette année, j’ai eu la chance de travailler avec des élèves de 4ᵉ et 5ᵉ secondaire dans deux écoles différentes au Québec, et c’est NotebookLM qui était au centre des ateliers.
NotebookLM, c’est un outil que j’adore utiliser en formation, justement parce qu’il illustre bien comment l’IA peut aider à apprendre plutôt qu’à faire à notre place. Mais le voir entre les mains d’élèves, c’est autre chose.
Commencer par les sources, la base de tout
Dans les ateliers que j’ai donnés aux élèves, je leur proposais des choix pour leur expérimentation avec l’outil : un sujet scolaire à réviser, un métier qui les intéresse ou une passion. La première étape, c’était de trouver des sources.
NotebookLM offre la possibilité de laisser l’outil chercher des sources lui-même, et plusieurs élèves ont sauté directement sur cette option. Ce qui a ouvert une belle discussion : d’où viennent ces sources? Sont-elles fiables? Qu’est-ce qu’on ajoute dans son bloc-notes pour qu’il soit de qualité?
Reconnaître une source fiable, c’est quelque chose qu’on aborde depuis longtemps avec les élèves. Mais à l’ère de l’IA, ça devient encore plus concret. Ce qui entre dans NotebookLM va directement influencer la qualité de ce qui en sort.
D’autres élèves ont déposé leurs notes de cours directement, certaines en format numérique, d’autres en photos de notes manuscrites. Là aussi, la discussion sur la qualité de nos notes était essentielle. C’est une belle façon de renforcer une pratique pédagogique importante : la qualité de la prise de notes va elle aussi influencer l’usage qu’on peut faire de l’IA.
Ce qu’ils ont décidé d’en faire
Une fois les sources en place, on a exploré le clavardage, en prenant le temps de regarder comment l’outil cite ses sources et comment on peut s’y référer. Mais le grand coup de cœur, sans surprise, c’était le Studio.
Les élèves ont généré des pistes audio, des résumés, des cartes éclairs et des questionnaires. Et là, ils ont pris les choses en main d’une façon qui m’a rendue bien fière. Voici quelques exemples :
La chimie, grande favorite
Dans les deux écoles, des élèves ont choisi de réviser la chimie (un examen bientôt ?, une matière qui les interpelle particulièrement ?). Ils ont déposé leurs notes de cours et se sont généré des séries de cartes éclairs, du plus facile au plus difficile. Ils gardent le suivi de leur progression dans l’outil en marquant ce qu’ils ont réussi ou non, pour revenir sur ce qui était plus ardu. Ils m’ont mentionné que les cartes, puisqu’elles fonctionnaient sur leur appareil mobile également, allaient être très pratiques pour étudier en déplacement dans l’autobus.
Mieux comprendre l’autisme
Une élève a cherché des sources officielles sur le sujet et a posé ses questions dans le clavardage. Elle cherchait à mieux se comprendre elle-même, et à trouver comment expliquer sa réalité à ses proches. Elle a aussi généré un balado qu’elle comptait écouter en rentrant à la maison.
Se former sur un logiciel de montage audio
Un élève passionné de musique a ajouté plus d’une trentaine de tutoriels YouTube à ses sources. Il a demandé à l’IA de lui construire un plan de formation : par quoi commencer, les difficultés à anticiper. Il a fait générer une liste d’exercices supplémentaires pour se pratiquer, des cartes éclairs pour mémoriser le vocabulaire du logiciel, et une liste de questions fréquentes. Son objectif : prendre de l’avance sur le cours de montage audio qu’il compte suivre l’an prochain au cégep.
Investir en bourse en accord avec ses valeurs
Pour un projet de classe, un élève devait choisir des entreprises dans lesquelles investir, de manière fictive, pour ensuite simuler ses investissements en bourse. Il a ajouté les sites des entreprises comme sources dans NotebooKLM, puis a questionné l’IA sur leurs missions, leurs valeurs et leur impact environnemental (un élément particulièrement important pour lui). Il a ensuite généré un tableau comparatif pour classer ses choix selon ses critères, en croisant avec les rendements pour faire des choix aligné sur ses valeurs.
Go Habs Go
Lors de ma dernière visite dans une des deux écoles, les Canadiens de Montréal étaient en séries. Ça n’a pas pris de temps, que plusieurs élèves y ont consacré leur création de bloc-notes. Ils ont ajouté des informations sur l’histoire du Canadien de Montréal, des statistiques de joueurs, et ont généré des questionnaires pour tester leurs connaissances. Des cartes éclairs leur ont permis de réviser l’histoire de l’équipe ou la carrière d’un joueur en particulier. Certains ont même organisé leurs blocs-notes par saison ou par joueur favori.
Ce que ça m’a confirmé
Dans les quatre ateliers, dans deux écoles, personne n’a utilisé NotebookLM pour faire faire à sa place. Ils ont trouvé des usages pour apprendre mieux, apprendre différement, apprendre à leur façon.
Je repars toujours de ces visites convaincue qu’avec le bon accompagnement, les jeunes savent quoi faire de ces outils. Souvent mieux qu’on ne l’aurait imaginé.
